UNESCO and the US at odds over cultural diversity protections

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by Jennifer Allen, Artforum

Le Monde's Nicole Vulser reports (below) on Condoleezza Rice's attempt to prevent Unesco from adopting a convention to protect cultural diversity around the world. Initiated by Canada and France, the convention was well received by the majority of 191 member states at the 33rd general meeting of Unesco in Paris last week. The United States had already expressed its opposition at the last meeting of Unesco's executive council in September; the US was the only country among fifty-three attending members to vote against the convention. Rice is taking an even tougher stance. In a letter sent to the foreign ministers of Unesco member states, the US Secretary of State expressed a "profound concern" about the new convention, which she believes will "incite authoritarian regimes to violate the right to freedom of expression and minority rights." Rice wants the convention's "major faults" to be corrected; she ends her letter by expressing hope that the controversy will not "undo" all the work that Unesco and the United States have accomplished together since the US returned to the organization in 2003 after have been absent from it for almost twenty years.

In fact, writes Vulser, the convention aims to dilute the authority of American culture. "It's about nothing less than trying to stanch the American cultural flood," writes Vulser. "As French minister of culture and communication Renaud Donnedieu de Vabres reminds us, 85 percent of all movie tickets sold in the world are for Hollywood films." And, Vulser and other critics of the US position seem to agree, the real impetus behind Rice's opposition would appear to be a desire to maintain this cultural hegemony and the economic benefits that come with it.

"The Americans will do everything to try to undo this; they are never going to ratify the convention, just as they did not ratify the Kyoto protocol or certain arms treaties," said Pascal Rogard, head of the Soci?�t?� des auteurs compositeurs dramatiques (SACD), a group that represents French playwrights and composers. But, Vulser adds, the convention will probably go into effect anyway. "The US does not have veto power," she observes.

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La convention sur la diversit?� culturelle en d?�bat ?� l'Unesco

[by Nicole Vulser, Le Monde]

La culture et la diplomatie n'ont jamais ?�t?� si li?�es. Lundi 17 octobre, le projet de convention sur la protection et la promotion de la diversit?� des expressions culturelles sera examin?� par la commission culture de l'Organisation des Nations unies pour l'?�ducation, la science et la culture (Unesco), avant son ?�ventuelle adoption par la 33e conf?�rence g?�n?�rale de cette organisation, jeudi 20 octobre. Cette adoption, par une tr?�s large majorit?� des 191 Etats membres, semblait acquise vendredi, mais les Am?�ricains paraissaient pr?�ts ?� un ultime coup de force pour tenter, lundi, par une bataille d'amendements, de vider ce texte de sa substance.

Pilot?� par les Fran?�ais Jacques Chirac en a fait une priorit?� et les Canadiens, ce texte de 35 articles ?�labor?� depuis deux ans constitue un enjeu politique, commercial et culturel majeur. Il s'agit ni plus ni moins d'essayer de contrer le raz de mar?�e culturel am?�ricain dans le monde, se pla?�t ?� rappeler le ministre fran?�ais de la culture et de la communication, Renaud Donnedieu de Vabres : 85 % des tickets de cin?�ma vendus donnent acc?�s ?� un film hollywoodien.

Dans son premier article, ce texte vise "?� prot?�ger et ?� promouvoir la diversit?� des expressions culturelles", "?� reconna?�tre la nature sp?�cifique des activit?�s, biens et services culturels en tant que porteurs d'identit?�, de valeurs et de sens". Concr?�tement, il "r?�affirme le droit souverain des Etats de conserver, d'adopter et de mettre en oeuvre les politiques et mesures qu'ils jugent appropri?�es pour la protection et la promotion de la diversit?� des expressions culturelles sur leur territoire". Ce socle juridique nouveau permettrait aux Etats d'?�chapper au droit commun du commerce international pour mener en toute autonomie leur politique culturelle.

"UN DROIT SUPRANATIONAL"

L'article 20, le plus litigieux, pr?�cise les relations avec les autres instruments juridiques existants. "Ce texte a la m?�me valeur juridique que les trait?�s bilat?�raux ou l'Organisation mondiale du commerce", pr?�cise-t-on dans l'entourage de M. Donnedieu de Vabres. "C'est un droit supranational qui sera opposable dans les n?�gociations des experts ?� l'OMC", ajoute-t-on. En cas de diff?�rend, une proc?�dure de conciliation est pr?�vue.

C'est peu dire que les Etats-Unis sont vent debout contre ce projet : ce sont les seuls, parmi 53 Etats du dernier conseil ex?�cutif, ?� avoir vot?�, fin septembre, contre la proposition canadienne d'adopter cette convention lors de cette cession. Andrew Koss, chef adjoint de la d?�l?�gation am?�ricaine ?� l'Unesco, estime que le commerce international est du ressort de l'OMC et la culture de celui de l'Unesco.

Condoleezza Rice a adress?� le 4 octobre une lettre ?� tous les ministres des affaires ?�trang?�res des pays membres de l'Unesco, les enjoignant de prolonger la discussion sur le projet de convention. La secr?�taire d'Etat am?�ricaine y exprimait son inqui?�tude de voir les "formulations ambigu?�s" du projet bloquer tout progr?�s dans la lib?�ralisation des ?�changes. "Cette convention pourrait aussi ?�tre utilis?�e par certains gouvernements afin de justifier des restrictions ?� la libre circulation des informations et d'interdire des points de vue et des pratiques culturelles minoritaires", ajoutait-elle.

"Les Am?�ricains vont tout faire pour tenter de d?�tricoter ce texte, alors m?�me qu'ils ne le ratifieront jamais, comme le protocole de Kyoto ou certains trait?�s d'armement", souligne Pascal Rogard, directeur de la Soci?�t?� des auteurs compositeurs dramatiques (SACD). Mais les Etats-Unis �?revenus dans le giron de l'Unesco apr?�s une absence de dix-neuf ans sont bien seuls.

Yvon Charbonneau, ambassadeur du Canada aupr?�s de l'Unesco, est tr?�s confiant : "Leurs amendements sont non n?�gociables, nous avons d?�j?� atteint un large consensus", dit-il. Line Beauchamp, ministre de la culture du Qu?�bec, affiche un "optimisme prudent" et parie elle aussi sur "l'existence d'un tr?�s large consensus tant politique que dans la soci?�t?� civile".

La marge de manoeuvre pour l'offensive am?�ricaine est ?�troite : il n'y a pas de droit de veto et l'adoption du texte requiert une majorit?� des deux tiers des Etats membres, qui ne fait gu?�re de doute. La bataille pourrait se jouer dans une deuxi?�me phase, au moment de la ratification : Washington pourrait tenter de peser de tout son poids pour rallier ?� sa cause certains pays plut?�t r?�ticents comme Isra?�l, l'Australie ou la Nouvelle-Z?�lande.

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